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TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION: VERS UNE VIRTUALISATION DE L’ENSEIGNEMENT?

22 Avr

Les modalités d’apprentissage évoluent. Cette évolution correspond à un besoin induit par la transformation de nos sociétés et à une attente nouvelle de nos concitoyens. Elle s’appuie par ailleurs sur de nouveaux lieux et de nouveaux outils d’apprentissage. Depuis plusieurs années, les technologies de l’information et de la communication (TIC) constituent non seulement un nouvel outil, un nouveau média, mais aussi un moyen d’ouverture sur des ressources du monde entier.
Comment définir les TIC ? En matière d’évolution technologique, la convergence est un phénomène fréquemment observé. On peut considérer que les TIC sont le résultat de la convergence de trois technologies : l’informatique, les télécommunications et l’audiovisuel, ces trois domaines se trouvant associés dans l’ordinateur connecté. Internet a aujourd’hui concrétisé la convergence informatique-télécommunications, la jonction avec l’audiovisuel est en cours et ne saurait tarder malgré les limitations techniques qu’elle rencontre actuellement. Nous nous trouvons ainsi face à un nouveau mode de communication qui, par la quantité d’informations qu’il rend disponible et la variété de ses sources, pose des problèmes aux enjeux éducatifs considérables.


Pourquoi et comment apprendre avec les TIC ?

Un paysage informationnel en mutation
Comme la révolution de l’audiovisuel au XXe siècle, l’arrivée des TIC transforme considérablement le paysage informationnel. Auparavant, l’information était rare, chère et concentrée dans des isolats, lieux de savoirs tels les écoles, les universités, les bibliothèques et les musées. Omniprésente aujourd’hui, elle devient pléthorique : la difficulté n’est plus d’y accéder, mais de la trier et de reformuler les informations rassemblées.
Autre caractéristique : par le passé, la probabilité de validité de l’information était plus grande qu’aujourd’hui. En effet, publier un livre était — et reste – coûteux. Un éditeur s’entoure donc de précautions pour limiter le risque économique et ne pas voir sa réputation entachée par des ouvrages peu sérieux. Aujourd’hui, le concept même d’éditeur se dilue, et le coût de l’édition électronique, au moins sur le Web, est négligeable ; au point que n’importe qui peut dire ce qu’il veut et donc, parfois, n’importe quoi. C’est pourquoi, si la capacité de sélectionner l’information est essentielle, celle de la critiquer l’est aussi. On doit de plus en plus apprendre à vérifier, identifier l’auteur, la date de parution, recouper avec d’autres sources… Cette validation est de plus en plus nécessaire, l’image, très présente sur ce support, n’invitant pas spontanément au recul critique.
A côté des biens et des services, l’information occupe une part croissante de l’économie. Aujourd’hui, si l’on considère un objet manufacturé, la part de sa valeur correspondant aux matériaux qui le constituent décroît au profit de la part relative à l’information qui en préside la fabrication. Avant d’entrer dans une hypothétique société de l’information, il est clair que nous sommes aujourd’hui entrés dans une économie de l’information. Ajoutons que si l’importance économique de l’information s’accroît, celle-ci ne pourra continuer à circuler gratuitement et sans protection : la sécurité de la transmission devra augmenter et les enjeux autour du cryptage deviendront rapidement cruciaux.

Éducation et formation : les trois rôles des TIC
On peut considérer qu’en matière d’éducation et de formation, les TIC peuvent jouer trois rôles différents.
L’un concerne la formation à distance. Des enseignements où formateurs et formés ne sont pas physiquement proches se multiplient. Les TIC permettent l’accès à des disciplines rares, à des formateurs peu nombreux et ce, en tous points du territoire, y compris dans des régions enclavées. Les modalités pédagogiques de l’enseignement à distance ne sont pas encore clairement formalisées. Cependant, sur le plan de la formation initiale comme sur celui de la formation professionnelle, on peut prévoir des développements considérables, tant pédagogiques qu’économiques.
Un autre rôle des TIC se joue dans la vie professionnelle, où elles deviennent indispensables. Tous les jeunes doivent donc y avoir accès et acquérir savoir-faire et autonomie. Cette maîtrise technique, primordiale dans les filières de formation professionnelle, est également nécessaire dans les filières générales.
Un troisième rôle, enfin, se joue à l’école. Les TIC y sont alors outil, simple moyen d’atteindre un objectif, et, au même titre que d’autres supports comme le livre, le tableau noir ou la diapositive, servent certains des objectifs traditionnels de l’école.

Les Tic au service d’objectifs traditionnels de l’école
En complément d’autres outils, les TIC permettent de poursuivre trois grands types d’objectifs traditionnels de l’école.

  • Tout d’abord, on peut les utiliser pour rechercher de l’information. Cette activité permet d’accéder à une certaine autonomie. Fondamentalement, elle ressemble à la recherche documentaire que l’on mène à partir d’ouvrages de références ou en bibliothèque, mais elle s’exerce sur un autre support. Elle exige capacité d’analyse, maîtrise méthodologique et exercice de l’esprit critique.
  • Le deuxième type d’activité est relatif à la rédaction de synthèses. Après une phase de recherche, une des activités intellectuelles essentielles consiste à réaliser des synthèses, c’est-à-dire rassembler, hiérarchiser et reformuler les informations recueillies. Cet exercice s’effectue dorénavant sur des outils qui permettent aussi la production de documents d’une forme nouvelle, multimédia, à l’aide de logiciels éditeurs HTML, sortes de traitements de textes intégrant divers types de médias et permettant de créer des hyperliens.
  • Le troisième objectif est d’apprendre à communiquer et travailler à distance. À l’aide de ces nouveaux outils de communication, on peut faire travailler ensemble, en direct ou en différé, des élèves ou des groupes d’élèves. L’enseignant lui-même peut encadrer un groupe à distance, ce qui modifie très sensiblement les modalités de l’acte pédagogique.

Les TIC, un outil d’enseignement parmi d’autres

Ces trois types d’objectifs ne sont pas nouveaux. Ils existent depuis plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs siècles. L’apparition des TIC leur donne de nouvelles perspectives. Elles permettent d’accéder à de très nombreuses sources d’information et de produire de l’information sous des formes nouvelles [1] .
Il faut cependant veiller à ne pas abandonner les autres supports : les objets réels, le livre, les journaux doivent conserver une place importante dans l’enseignement. La formation exige la diversité des supports : certains peuvent être virtuels, beaucoup doivent demeurer réels. Il est en effet important de fonder la formation d’un individu sur des simulations, certes, mais aussi sur des activités permettant la confrontation et la manipulation d’objets réels, il en va vraisemblablement de la formation psychologique de l’individu.
Il est extrêmement dangereux de consacrer l’essentiel des budgets de fonctionnement des établissements scolaires à l’informatisation au détriment du matériel de travaux pratiques, des livres, des sorties, de l’achat d’objets divers. La discrimination sociale ne s’effectue pas que par l’accès aux TIC : pour réduire la fracture sociale, l’accès aux encyclopédies, aux journaux, aux théâtres, aux cinémas et aux musées ne sont pas moins vitaux que l’accès à l’informatique.
Il faut considérer les TIC comme des catalyseurs : elles ouvrent les contenus de l’école sur la société et son actualité, et induisent des changements de la pratique des enseignants.

Un nouveau rôle pour l’enseignant ?

Maîtriser la technique ou la pédagogie ?

L’appropriation de ces outils par les enseignants est difficile. La lenteur du système résulte de simples raisons numériques : les enseignants sont nombreux. De plus, il leur est difficile d’anticiper et de gérer les changements que provoquent dans leurs pratiques pédagogiques l’introduction dans la classe de ces nouveaux outils.
Il peut également se révéler difficile pour eux de se trouver face à des jeunes qui ont un niveau de maîtrise de l’outil supérieur au leur. Cette maîtrise est souvent indéniable, et il est véritablement inutile d’entrer en compétition avec l’élève. Car ce n’est pas la maîtrise technique de l’outil qui fait la spécificité professionnelle de l’enseignant : la spécificité de l’enseignant, sa plus-value dans le système, c’est la maîtrise de l’utilisation pédagogique de l’outil.

La machine remplacera-t-elle l’enseignant ?
Une autre question fréquemment posée est celle du remplacement de l’enseignant par une machine. Ce serait prendre un grand risque que de diminuer d’un seul poste le nombre d’enseignants en raison de l’accroissement de l’utilisation des machines. Car aucun système automatique, « moteur de recherche » ou « agent intelligent », ne peut éviter l’intermédiation par l’homme du rapport entre l’apprenant et la source d’information. Une véritable relation individualisée à l’utilisateur, la capacité de reformuler ou d’effectuer des synthèses à partir de sources d’informations éparses et, pourquoi pas, le moteur émotionnel d’une relation interindividuelle sont autant d’exemples de capacités propres à l’homme et qui resteront étrangères à la machine.
En fait, l’une des transformations principales consiste dans le nouveau mode de relation qui se crée entre les différents acteurs. Traditionnellement, en effet, la relation pédagogique se caractérise par un rapport asymétrique entre l’enseignant et l’apprenant : l’enseignant, qui maîtrise la connaissance et les concepts de traitement de l’information, transmet des connaissances, et secondairement, des outils méthodologiques, à un apprenant qui interagit assez peu avec lui. De plus, dans ce cas, les interactions entre apprenants sont faibles.
Dans un nouveau schéma, catalysé par l’arrivée des TIC, la connaissance n’est plus le monopole de l’enseignant : l’information se désincarne, se dissocie de l’enseignant et constitue une troisième acteur dans le dispositif. Cette présence des trois acteurs — enseignant, apprenant et source d’information — bouleverse complètement le schéma relationnel habituel : l’information circule plus facilement et de manière plus équilibrée entre enseignant et apprenant, la plus-value de l’enseignant est plus fondamentalement méthodologique et les interactions entre apprenants sont plus nombreuses.

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3 Commentaires

Publié par le avril 22, 2012 dans Les nouvelles technologies

 

3 réponses à “TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION: VERS UNE VIRTUALISATION DE L’ENSEIGNEMENT?

  1. fadma

    avril 23, 2012 at 9:47

    magnifique sujet,mais dana la pratique n’existe rien de ce la, les enseignants utilisent tjr les methodes traditionnelles a l’apprentissage

     
  2. Charles

    mai 10, 2012 at 3:17

    Dans ce cadre, les écoles catholiques de Bretagne et de l’Ille-et-Vilaine vont être équipées grâce à l’association Netec et des partenaires privés. http://www.provectio.fr/actu/projet-ecole-numerique-2012-nous-accompagnons-leducation-catholique-de-bretagne/

     

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